Décret tertiaire 26 août 2026 7 min de lecture

Décret tertiaire :
le levier oublié, c'est la surface

Le décret tertiaire impose une baisse de 40 % de la consommation d'énergie d'ici 2030 à la plupart des bâtiments de bureaux. Les plans d'action parlent chaudières, isolation, éclairage. Un levier reste sous-employé : la surface elle-même.

Ce que le décret impose

Le dispositif Éco Énergie Tertiaire s'applique à tout bâtiment hébergeant des activités tertiaires sur au moins 1 000 m², public comme privé. Les paliers : −40 % de consommation d'énergie en 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050, avec une déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT de l'ADEME.

Les collectivités sont donc concernées au même titre que les entreprises, dès le seuil de surface franchi.

Le réflexe équipement, et sa limite

Face à l'échéance, le premier réflexe est technique : changer la chaudière, isoler, passer l'éclairage en LED, piloter la ventilation. Ces actions sont nécessaires. Leur limite est structurelle : elles optimisent la consommation d'un bâtiment qui reste, lui, dimensionné pour un usage qui n'existe plus.

Chauffer, climatiser et éclairer des mètres carrés vides est la dépense la plus difficile à justifier d'un plan de sobriété.

Le mètre carré inutile est le premier gisement

L'optimisation des surfaces agit directement sur la consommation absolue : un demi-plateau libéré, c'est autant de surface qui cesse d'être chauffée, climatisée et éclairée. Un étage restitué ou réaffecté sort de vos charges, et la dépense énergétique suit.

La démarche commence par la mesure de l'occupation réelle. C'est le même audit qui sert la doctrine des 16 m² : taux de présence, usage des salles, gisement chiffré. Une seule mesure alimente les deux objectifs.

Le réemploi, deuxième levier

Le mobilier conservé est un achat évité et du carbone évité. Sur nos opérations, ce qui peut resservir est repris, remis en état et réimplanté, avec un registre tenu dès le premier relevé : provenance, état, destination.

Depuis août 2026, tout marché public doit porter au moins un critère environnemental d'attribution (loi Climat et Résilience). Des engagements documentés, registre à l'appui, se valorisent dans une offre ; une intention déclarée ne se valorise pas.

Une seule opération, deux objectifs

Doctrine des 16 m² et décret tertiaire se traitent dans le même scénario d'aménagement : redistribuer les surfaces pour atteindre le ratio, et faire baisser la consommation déclarée par la même opération. Les traiter séparément revient à payer deux fois les mêmes études.

Vos m² inutiles consomment. Commençons par les mesurer.

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